En janvier dernier, AB InBev avait fait part de son intention de supprimer 263 emplois en Belgique. Les travailleurs, en front commun syndical et national, ont mené deux semaines d’actions et obligé la direction à retirer son plan. « Nous savions que, si elle avait arrêté la procédure Renault de licenciement collectif, la direction avait toujours l’intention de licencier un peu plus de 250 personnes » explique Marc Sparmont, secrétaire permanent du Setca (syndicat FGTB des employés) à Liège. C’est ce qu’elle a fait la semaine dernière, lors de la relance du dialogue social. D’après la direction, on constate une forte diminution des ventes dans le secteur horeca, ce qui justifierait une restructuration des services de livraison (encore appelés « dépôts ») et des services administratifs et logistiques.
« C’est exactement le même plan qu’en janvier, mais présenté autrement, et sans procédure Renault » continue Marc Sparmont. « Mais pas question pour nous d’accepter le moindre licenciement. Comme en janvier, l’entreprise est largement bénéficiaire et rien ne justifie des sacrifices de la part des travailleurs. On sait bien que tout peut toujours évoluer, et on peut discuter de prépensions ou d’incitants au départ, mais pas de licenciement. Si les ventes baissent dans l’horeca, la direction devrait peut-être se poser des questions sur sa politique commerciale. Elle préfère par exemple que Colruyt vienne lui-même chercher ses commandes plutôt que de les livrer, ça lui coûte moins cher. Et après, elle se plaint d’une diminution de travail pour les dépôts. Où est la logique ? »
Les syndicats se réunissent en intersièges (Liège, Louvain, Hoegaerden, et les dépôts ensemble) le 30 septembre. « Nous définirons ensemble notre position, mais il est déjà clair que, comme en janvier, la solidarité entre syndicats et entre différentes régions du pays tient toujours », conclut Marc Sparmont.