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2 décembre 2011 18:14 | Il y a : 172  jour(s)
| Thème: Belgique, Bruxelles, Gouvernement, Syndical

80 000 manifestants contre le plan d’austérité Di Rupo

80 000 ! Une fameuse riposte aux nouvelles mesures… A l’appel des trois syndicats, les travailleurs sont venus en masse à Bruxelles pour faire entendre haut et fort ce qu’ils pensent du programme du nouveau gouvernement Di Rupo : inéquitable et antisocial !

Gaston van Dyck

Le rassemblement des 80 000 travailleurs qui ont répondu à l’appel de la FGTB, la CSC et la CGLSB a été une impressionnante démonstration d’unité. Wallons, Flamands et Bruxellois ont marché tous ensemble, et non en blocs séparés : employés comme ouvriers, travailleurs comme chômeurs, du secteur public comme du privé.

            Mobiliser 80 000 personnes dans un laps de temps aussi court depuis l’annonce des mesures du nouveau gouvernement a été un tour de force. Au fur et à mesure que l’on mesurait l’impact concret des décisions, l’atmosphère se plombait dans les entreprises. Les manifestants – dont le nombre a été bien plus important que prévu – ont afflué de partout. « La plupart du temps, dans ce type de manifestations, nous venons en groupe de 300 à 400. Aujourd’hui, nous sommes 1 700 », a précisé un syndicaliste de Flandre orientale. Et beaucoup ont quitté Bruxelles avec la ferme conviction qu’un tel mouvement ne pouvait pas rester sans suite.

            La manifestation s’est par ailleurs déroulée dans un contexte de pression énorme. Pression de la part des organisations patronales. L’Unizo (union flamande des travailleurs indépendants), par exemple, avait même organisé une action « Nous ne faisons pas la grève », et essayé par tous les moyens de monter la population contre les actions syndicales. Dans certaines entreprises, il a aussi été question de véritables intimidations. Pression également  de la part des partis politiques, y compris le sp.a et le PS, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour inciter les gens à ne pas participer à la manifestation. Vendredi matin, sur Radio 1, le président du sp.a, Bruno Tobback, a mis le paquet pour présenter le gouvernement en formation comme « équilibré ». Quant à Paul Magnette, figure de proue du PS, il a décrété que l’accord était « le plus social en Europe. »

            Les 80 000 manifestants ne partageaient clairement pas cet avis. Il y avait certes des points qui ne faisaient pas l’unanimité. Mais, sur le fond des choses, tous étaient totalement d’accord. Partout s’est exprimée la colère à propose des mesures contre la prépension, ce qu’on pouvait voir dans nombre de slogans comme « Moins de prépensions = moins d’emplois pour les jeunes. » Partout également, colère contre le fait que le gouvernement se serve à nouveau dans la poche des travailleurs. « Ce sont leurs dettes, pas les nôtres », rétorquaient les messages des calicots. Ou : citoyens, fonctionnaires, salariés «  Trois fois plumés ! » ; « La précarité n’est pas notre projet de société » ; « Travailler dans la pauvreté, jamais ! »… Deux langues pour un seul et même message.

            Il y a bien sûr de quoi s’interroger sur les suites de cette manifestation de masse. Va-t-elle servir à quelque chose ? Est-ce possible de changer le cours de choses ? Pouvons-nous nous en prendre de manière  frontale au gouvernement Di Rupo, le sp.a et le PS n’ayant-ils pas freiné les attaques libérales les plus dures ? Tous cependant s’accordent pour affirmer qu’une réaction forte est nécessaire : pour empêcher les attaques actuelles, et pour en prévenir d’autres : « L’index est plus ou moins sauvé, mais c’est tout à fait temporaire. Si nous ne réagissons pas aujourd’hui, on y touchera d’ici quelques mois », a-t-on entendu.

            Quoi qu’il en soit, un tout grand nombre de manifestants sont d’avis que, après cette démonstration de masse, il faut, le plus vite possible – de préférence avant Noël – que cette action ait des suites, par exemple par une grève de 24 heures. Parce que, certes, une autre voie est vraiment possible. Et, sur la place de Brouckère, le message lancé par le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, et Wouter Van Damme, s’est bien fait entendre : « 50 grandes entreprises ne paient que 1 % d’impôts ! Et vous ? » Réactions : « Les entreprises doivent payer des impôts comme tout le monde ». Le service d’études du PTB, lui, a compté ce que cela rapporterait si les entreprises payaient l’impôt légal de 33,99 % au lieu de 1 % : quelque 8,9 milliards… Et le slogan du PTB « C’est leur crise, faisons-les payer ! », en paroles, affiches et autocollants, a rencontré l’adhésion générale.


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