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3 décembre 2011 17:21 | Il y a : 171  jour(s)
| Thème: Belgique, Bruxelles, Environnement

3.000 pour le climat à Bruxelles :: Climat, emploi et justice sociale

3.000 personnes ont manifesté le samedi 3 décembre à Bruxelles, à l’occasion du sommet mondial climatique à Durban, en Afrique du Sud. Pour le climat, mais aussi pour l’emploi et la justice sociale.

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A l’appel de la Coalition climat, diverses organisations étaient présentes pour défiler entre la gare du nord et la gare du midi : WWF, 11.11.11, SOS Faim, le mouvement de jeunes JNM, le Bond Beter Leefmilieu, Greenpeace, la CSC et la FGTB, Broederlijke delen ainsi que le PTB et Comac, son mouvement de jeunes.

A ce même moment, les « décideurs » climatiques sont réunis à Durban, le sommet climatique dont personne n’attend plus grand chose tant les derniers sommets internationaux en matière de climat ont déçus : aucune mesure climatique contraignante pour tous les pays n’y sera décidée, on le sait déjà.

Une caisse à savon originale

Des militants de Greenpeace ont d’ailleurs illustré cela de manière originale lors de la manifestation, avec une « caisse à savon », la flinstone mobile : une voiturette tirée et poussée par des militants. « Dans la voitures, il y a les négociateurs climatiques avec notamment Barack Obama, représentant les Etats-Unis, Herman Van Rompuy pour l’Europe et Kris Peeters pour la Belgique, celui qui bloque les ambitions climatiques en Belgique », explique Arnaud Collignon, chargé de la campagne Climat de Greenpeace.

BASF et GDF, le groupe dont fait partie Electrabel, financent les campagnes électorales de sénateurs américains climato-sceptiques.

Autour d’eux, quelques sympathisants sont déguisés en lobbyistes, qui représentent les entreprises BASF, Arcelor Mittal, BP, Volkswagen, Business Europe. Ils distribuent des billets aux négociateurs et essaient de le corrompre. « Nous les avons choisi car, par exemple, BASF et GDF, le groupe dont fait partie Electrabel, financent les campagnes électorales de sénateurs américains climato-sceptiques, afin qu’ils limitent les ambitions américaines concernant la prise en main du réchauffement climatique, continue Collignon. Business Europe, la fédération des patrons européens, joue le même rôle au niveau de l’Union européenne et fait tout pour que l’Europe n’investisse pas trop dans le durable et limite ses émissions de CO2. Et puis, tout autour d’eux, il y a nous, les manifestants : nous représentons le contre-pouvoir. ».

Il y a des enjeux en Belgique

Deuxième journée d’affilée pour les syndicats. Malgré la mobilisation massive à la manifestation syndicale contre l’austérité de la veille, la FGTB et la CSC étaient bien présents à nouveau.

« Nous sommes ici et avons aussi envoyé une délégation de cinq personnes à Durban, raconte Eddy Van Lancker de la FGTB. Un changement est nécessaire sur la question climatique et il doit aller de pair avec les questions économiques. On peut tout à faire défendre une société durable, et dans ce cadre, créer de l’emploi, par exemple, dans les secteurs de l’isolation, de l’énergie où il y a vraiment du potentiel. Nous pensons aux générations futures, qui n’ont pas besoin seulement de confort matériel mais aussi de bien-être, d’une bonne santé et d’une société durable. »

Thierry Demuysere, coordinateur de la sensibilisation à l’environnement de la CSC, défend qu’il y a des solutions réalistes et possibles qui doivent être prises maintenant : « Des solutions qui soient bonnes pour le climat, bonne pour l’emploi et qui soient socialement juste. C’est un triple objectif qu’on peut tout à fait remplir. Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de Durban, il y a des enjeux en Belgique.

C’est un mauvais signal qu’envoie le gouvernement en coupant 250 millions dans la SNCB.

Par exemple, on pourrait investir plus dans les transports publics. C’est à la fois une bonne chose pour l’environnement, on peut y créer de l’emploi pour rénover les infrastructures et développer des transports de meilleure qualité, et finalement qui permettent aux travailleurs qui n’ont pas de voiture de se rendre à leur travail. A ce sujet d’ailleurs, c’est un mauvais signal qu’envoie le gouvernement en coupant 250 millions dans la SNCB.

En matière d’énergie, on doit réfléchir non pas à des solutions individuelles, où chaque particulier décide ou non de mettre des panneaux solaires sur son toit, mais à des solutions collectives et durables : produire de l’énergie renouvelable, créer de l’emploi, développer une tarification de l’électricité tenant plus compte des moyens des personnes, etc. »

Les 99 % doivent décider

Des militants de Comac et du PTB étaient actifs derrière le calicot de la plateforme Climat et justice sociale, avec le message « Chenge the system not the climate ».

C’est d’un secteur public, où la majorité de la population peut décider des investissements, dont on a besoin.

Aurélie Decoene, la présidente de Comac dénonce que « l’élaboration des priorités n’est pas le choix de la majorité de la population. 1 % de la population contrôle les choix en matière de recherche et d’investissement. Mais si on veut répondre au défi du réchauffement climatique et au besoin de nouvelles énergies, on doit changer radicalement les politiques énergétiques et de transports. Par exemple, le secteur énergétique européen est le plus gros émetteur de CO2. Pourtant, on le laisse aux mains du privé. Et on voit que ce secteur privé veut encore investir dans des centrales au charbon, hyper polluantes. C’est d’un secteur public, où la majorité de la population peut décider des investissements, dont on a besoin.

D’autre part, je voudrais souligner que nous sommes présents avec une délégation de jeunes francophones et néerlandophones de Comac, et que les manifestants présents semblent appartenir à des organisations du nord comme du sud du pays. Le réchauffement climatique n’a pas, lui non plus, de frontière linguistique. »

 


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