Quoi qu’il en soit, les relations entre la Chine et le Tibet ne sont pas simples.
La Chine a été unifiée en royaume au 13e siècle par les empereurs mongols. Depuis lors, le Tibet a fait partie de la Chine, comme une sorte d’État vassal. De la même manière que, dans l’Europe du Moyen Âge, la plupart des grands royaumes constituaient un patchwork d’États vassaux. Au début du 20e siècle, l’autorité impériale centrale de la Chine était totalement affaiblie. Les puissances européennes et le Japon ont alors imposé leur volonté au pays par la force. Elles se combattaient mutuellement pour étendre leur influence et même pour s’emparer de certaines régions. En 1904, Londres séparait le Tibet de la Chine, officiellement afin qu’il ne tombe pas dans les mains de la Russie tsariste mais, en fait, pour étendre son propre empire colonial vers le nord.
La Seconde Guerre mondiale amène les États-Unis à l’avant-plan en Asie. Les États-Unis reconnaissent d’abord « la souveraineté de la Chine sur le Tibet1 ». Mais, quand le parti communiste conquiert le pouvoir, en 1949, la CIA met tout en œuvre pour séparer le Tibet de la Chine et, à cet effet, entraîne des milices tibétaines. Le choix est simple. Ou bien la Chine restaure l’unité avec le Tibet, comme ce fut le cas durant des siècles2. Ou bien c’est Washington qui place le Tibet sous sa coupe. Car, entre-temps, les États-Unis ont noué des liens étroits avec la noblesse féodale et le clergé locaux. En 1950, l’Armée populaire de libération de la Chine décide d’intervenir au Tibet. Vu son statut spécial déjà très ancien, le Tibet se voit octroyer une large autonomie. À l’instar des autres territoires autonomes, il bénéficie d’un traitement de faveur de la part des autorités centrales. Pourtant, certaines attentes demeurent sans réponse. Mais des entretiens constructifs peuvent certainement déboucher sur des solutions.
Malgré toutes les tentatives de séparation du Tibet de la Chine qui ont émaillé l’histoire, jamais un seul pays au monde n’a reconnu dans le Tibet un État indépendant. En dehors d’un groupe restreint de séparatistes, comme l’Organisation de la jeunesse tibétaine et certains groupes de moines, ce n’est pas non plus ce que veulent les Tibétains. Ils veulent construire une société moderne comme cela se passe aujourd’hui dans le reste de la Chine. (BD)
1 Voir les accords et les explications publiés dans l’ouvrage The making of Modern Tibet (La naissance du Tibet moderne), Tom Grunfeld, Zed Books Ltd, 1987, p. 20. • 2 Choqués par l’incompréhension des Occidentaux, les étudiants chinois ont réalisé un petit film explicatif sur l’historique de la relation entre le Tibet et la Chine : http://web.wenxuecity.com/
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