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18 août 2009 13:54 | Il y a : 2  an(s)
| Thème: Pauvreté/Riches, Campagne pouvoir d'achat, Gouvernement, Belgique, Belgique, Dossier

Budget :: Taxez les millionnaires

Le gouvernement souffre d’une solide gueule de bois financière. Si cela ne dépendait que de lui, il imposerait au simple citoyen d’en payer le prix. Le PTB, lui, veut une taxe sur les millionnaires.

Ruben Ramboer et Jo Cottenier

« Qui casse paie », dit le proverbe. Pour les banques, manifestement, ce n’est pas le cas. Le gouvernement a injecté des milliards dans les banques pour les sauver de la faillite. Ce qui a été épargné ces trente dernières années pour réduire la dette publique a été claqué en quelques mois pour sauver les banques. Entre-temps, BNP Paribas Fortis lance joyeusement une nouvelle provision d’euros pour pouvoir distribuer à nouveau de somptueux bonus…

Sobriété absolue

Après les opérations de sauvetage des banques, deux ans de chamailleries communautaires et la crise économique, le budget fédéral présente aujourd’hui un trou de 20 milliards d’euros. On s’attend à ce que, pour 2010, la dette publique belge s’élève  à nouveau à 102 % du produit intérieur brut (PIB, la valeur de ce qui est produit annuellement en Belgique en marchandises et en services), alors que l’Europe ne tolère que 60 %. Vous le sentez venir : « économiser », tel sera le message du gouvernement.    

À peine installé fin juillet, Guy Vanhengel (Open Vld), le nouveau ministre du Budget, annonçait une politique de « sobriété absolue ». En 2015, il veut un budget en équilibre mais ce sera « très, très, très difficile », admet-il. Et de prendre aussitôt la sécurité sociale dans son collimateur. « Avec la sécurité sociale, il y a un problème structurel. Une croissance des dépenses est prévue, mais la croissance économique est négative. Impossible, donc, de garder le cap. » Selon le Premier ministre Van Rompuy (CD&V), les efforts financiers à fournir seront deux fois plus importants que ceux du Plan global de Dehaene, en 1992. À l’époque, on avait sabré de façon draconienne dans les dépenses publiques afin d’atteindre la norme de Maastricht en vue de l’introduction de l’euro.

La tirelire des pauvres et des riches

Ces vingt dernières années, ce sont les pensionnés, les travailleurs, les chômeurs et les petits indépendants qui ont financé l’assainissement de la dette publique via un démantèlement de la sécurité sociale, moins de services publics et des opérations continues de réduction des charges salariales. Mais, durant cette période, une minorité de la population s’est énormément enrichie en profitant des bénéfices élevés et de l’explosion boursière.

Ces vingt dernières années, les actionnaires ont palpé des dividendes qui n’ont cessé de croître d’année en année. Souvent, leurs fortunes ne sont pas imposées et elles croissent à un tempo accéléré via intérêts et investissements. L’an dernier, un homme comme Albert Frère a vu sa fortune s’accroître d’un demi-milliard d’euros. Et, sur les 2,5 milliards d’euros qu’il détient, il ne paie pas même un euro d’impôt.

Banquiers et patrons gagnent des millions d’euros en salaires, en primes et dividendes. Ils palpent des primes de départ s’élevant souvent à plusieurs millions. Et les rentiers sont assis sur d’énormes fortunes et continuent à s’enrichir pendant leur sommeil.

Taxe sur les millionnaires    

En Belgique, un petit nombre de familles nage donc dans le pognon. Il ne serait peut-être pas excessif de leur demander de verser une contribution à l’effort de tous. Il faut trouver des moyens de pallier le vieillissement de la population, de combattre le chômage et d’aborder les problèmes environnementaux. C’est pourquoi le PTB prône une taxe sur les millionnaires. Dans la lourde opération d’assainissement qu’envisage le gouvernement, elle serait tout à fait bienvenue.


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