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18 février 2011 14:18 | Il y a : 350  jour(s)
| Thème: Liège, AIP

Liège :: Des milliers de manifestants contre l'AIP

Ce vendredi 18 février, les syndicalistes de la FGTB de Liège Huy Waremme se sont mobilisés contre le projet d’accord interprofessionnel et le projet de médiation du gouvernement en « affaires courantes ».

Hervé Gautresona

Dès ce matin, la plupart des délégations syndicales de la région ont tenu des piquets de grève et informé les travailleurs de leur entreprise des raisons du rejet du projet d’accord interprofessionnel. Partant ensuite en bus vers le rassemblement place Saint-Paul, les travailleurs ont montré aux employeurs leur détermination.

La majorité des secteurs a été touchée par les grèves. Les grévistes ont arrêté le travail pour 24 heures. François, qui travaille pour ArcelorMittal sur le site de Ferblatil, en tant qu’affilié CSC, a montré en allant à la manifestation que l’unité syndicale est importante. L’ennemi des travailleurs ce ne sont pas les travailleurs de la CSC qui ont accepté le projet d’accord, mais le patronat. ArcelorMittal est à l’arrêt complet pour 24 h.

Vers 10 h 30 place Saint-Paul à Liège, les syndicalistes commencent à arriver. Des grandes délégations de la sidérurgie, de TNT (distribution), de Techspace Aero, de la FN à Herstal ainsi que d’AB Inbev étaient présentes. La présence de jeunes travailleuses « titres services » a également été remarquée, tout comme celle d’une délégation de solidarité de trois Flamands du PTB d’Anvers.

Grève générale le 4 mars

Marc Goblet, président de la FGTB-Liège et de la Centrale Générale, a fait un discours après avoir salué la mobilisation des milliers de manifestants présents. Il a expliqué que la FGTB avait rejeté le projet de médiation du gouvernement. Après le moment de la concertation, celui de la consultation et de la décision, « il y a bien sûr le moment de l’action » a-t-il déclaré. Face à « un patronat qui n’a jamais été aussi arrogant qu’aujourd’hui, une droite de plus en plus décomplexée », la FGTB voulait montrer sa capacité de mobilisation.

La FGTB ne veut pas monter les travailleurs les uns contre les autres (ouvriers contre employés, actifs contre non actifs) comme le veut sa devise « Ensemble, on est plus forts ». Deux autres points retiennent l’attention de la FGTB. Premièrement, la question du budget et donc de l’austérité que le prochain gouvernement voudra appliquer. Il n’est pas question pour la FGTB que l’on prenne les 20 à 25 milliards d’euros à trouver sur cinq ans dans la sécurité sociale ou dans les services publics. Finalement, c’est la question de la remise en question de l’index qui irrite le syndicat. La pression de l’Europe sur ce sujet est inacceptable, selon Goblet. La FGTB de la région promet donc une grève générale le 4 mars pour montrer au patronat et au gouvernement que les travailleurs ne se laisseront pas faire.

« Les patrons ne veulent rien donner »

Les réactions des manifestants montrent leur colère face au projet d’accord pour les intérêts du patronat, comme le titrait une banderole de la FGTB. Pour Petro Palermo, employé et délégué syndical chez Duchène depuis deux ans et demi, « la suppression de l’index verra un salaire bloqué alors que le coût de la vie augmentera toujours ». Selon lui ce sont les travailleurs, « les petits » qui vont payer la crise d’austérité. La meilleure solution c’est que « les gros bonnets » paient, via une taxe sur les grosses fortunes.

Jean Schifano (permanent à la Centrale Générale), ancien délégué à Prayon, considère que les mesures proposées par le gouvernement sont insuffisantes, car les avancées qu’il y a eu sont minimes et financées sur le dos des travailleurs, de la collectivité. « Les patrons n’ont rien mis de leurs poches » s’exclame-t-il. Face au discours de Thomas Leysen, le président de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) qui taxe les syndicats d’une « culture de l’intransigeance, que dans une négociation on ne peut pas « tout recevoir et ne rien donner », Jean retourne l’attaque. « Les patrons ne veulent rien donner. Ils ont toujours leurs 5 milliards de cadeaux de l’État via les intérêts notionnels et ça, ils ne veulent pas lâcher. Ils se trompent de discours. » Jean Schifano est scandalisé par la proposition d’une augmentation salariale maximum de 0,3 %. « Et encore, c’est pour 2012. Donc en 2011, on ne doit rien avoir, ne rien demander et alors seulement en 2012 on pourra aller demander 0.3 % d’augmentation, ce qui représente le septième d’un index. On nous prend vraiment pour des moins que rien ».

Évoquant la lutte à venir, il espère que les travailleurs auront le rapport de force suffisant pour bloquer l’accord interprofessionnel. « Nos négociateurs ont été le plus loin qu’ils ont pu ». Et quand la base dit non, elle sort dans la rue. « J’espère que dans chaque province ça va bouger. »

Pauline et Émilie Purnote, qui travaillent chez APIDES en titres services veulent « plus de salaires, plus d'égalité avec les patrons, avec les clients. On veut aussi plus de respect au travail, c’est un métier comme un autre. » Elles revendiquent un maintien de l'indexation et que l’on ne retarde pas l’âge de la pension « car pour nous, travailler jusqu’à 55 ans c'est dur ».

Le PTB, seul parti politique présent.

Raoul Hedebouw, porte-parole du Parti du travail de Belgique, également présent Place Saint-Paul, rappelle que le PTB « dénonce depuis longtemps qu’il n’est pas logique d’autoriser une augmentation maximale de 0,3 % des salaires alors que les bénéfices du Bel20 ont augmenté de 36 % ». « Beaucoup de manifestants ont souligné que c’était une première mobilisation pour préparer une plus grosse action le 4 mars. » a-t-il ajouté. La FGTB promet en effet une grève générale le 4 mars. Il conclut avec espoir : « Je crois qu’on est en face d’un mouvement social qui est naissant, qui ne s’est plus beaucoup exprimé ces dernières années, qui sort à nouveau la tête de l’eau donc je crois que c’est une journée encourageante. »


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CAMARADE, 25-02-11 14:49:
Grève générale le 4 mars mobilisons-nous.
Les patrons ont engendré des bénéfices sur notre dos et ils ne veulent rien donné. En tant que camarade il est regrettable que le PTB a refusé de faire alliance avec la gauche et que le PTB applique la cogestion dans leur organisation et aussi que le PTB s’amuse avec la CSC soit disant une question de tactique. N'oublions pas que le PTB est issu, je le rappelle de l'Université Catholique de Louvain, et nous tenons à le rappeler que la FGTB, suivant la déclaration de principe, est la seule organisation à vouloir changer la societé avec résonnement et révolution s’il le faut. Merci.
JPW, 19-02-11 14:54:
La méconnaissance des enjeux fondementaux de l'accord Inter-Professionnel dans les masses ( le peuple c'est nous et c'est les gens d'abord, pas le profit !) fait que l'ignorance engendre la bétise par la non mobilisation de TOUS les travailleurs !
Lorsque je lis que la CGSP nationale ne donne pas de mot d'ordre de grève pour le 4 mars ... Mais laisse aux secteurs le choix de la décision ... Je pense bien devoir bruler mon carnet syndical !Soit elle doit relire la déclaration de principe du congrès de 1945 et l'appliquer ou supprimer le paragraphe suivant : Une transformation profonde s'impose.
Les conditions nouvelles de l'après guerre sont les plus favorables que nous ayons connues et un syndicalisme puissant en effectifs, sûr de sa doctrine, fort de l'action de ses membres, doit l'emporter sur les puissances financières qui tentent à nouveau de s'opposer au progrès social et conserver des privilèges inouïs dans l'exploitation privée d'entreprises d'intérêt public (distribution d'électricité, transports en commun, etc...).
A bon entendeur salut.
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