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2 février 2010 17:28 | Il y a : 46  jour(s) |

Bruxelles, zone de guerre ?

J’habite une zone de guerre. Enfin, je l’ai appris en regardant par hasard la VRT dimanche dernier. Heureusement qu’on est bien informé. Mon Bruxelles, capitale de l’Europe, est donc une zone de guerre.

David Pestieau

Il faut s’attaquer aux problèmes réels de l’insécurité, mais en reconstruisant d’abord un véritable tissu social. (Photo Solidaire, Lieven Soete)

J’ai regardé par la fenêtre, fermé prudemment ma porte et conduit mes enfants à l’école à deux pas de la gare du Midi. Pourtant rien n’avait changé.

Mais après un braquage qui a mal tourné et des incidents aux abords d’une école, Bruxelles est devenue, par une charge médiatique inouïe, le centre d’une « zone de guerre » où l’insécurité sévit. Tout au moins aux yeux des téléspectateurs habitant hors de Bruxelles.

Les mots ont encore une signification. Ceux qui ont été à Belgrade ou Mostar durant la guerre en Yougoslavie ou plus récemment à Bagdad ou Kaboul pourront vous parler de véritables zones de guerre. Bruxelles n’a rien à voir avec ces situations.

Mais ceux qui amplifient des phénomènes réels pour en faire une caricature ont d’autres projets dans leur tête : plus de police, plus de prisons.

Cela ne résoudra rien à long terme, au contraire. L’exemple américain le montre : la criminalité continue à augmenter, il y a 2,4 millions détenus dans ce qui est devenu une véritable industrie de la prison : près d’un habitant adulte sur cent est en prison. Cette approche « américaine » ne s’en prend pas à la racine des problèmes et des tensions existantes dans les grandes villes. Pire, elle crée des villes guidées par la peur.

Or s’il y a une priorité absolue à Bruxelles à laquelle il faut s’attaquer c’est l’urgence sociale. Celle qu’ont réclamée pour tout le pays les 35 000 de la marche pour l’emploi de vendredi dernier. Car Bruxelles souffre, comme d’autres grandes villes, d’un concentré de contradictions sociales. Qui produit l’insécurité.

Notre ville est dans le top 3 des villes les plus riches d’Europe mais la barre des 100 000 chômeurs y a été juste dépassée. Dans les quartiers populaires, 40% de jeunes sont au chômage. Un enfant sur trois vit dans une famille sans revenu du travail. Un jeune sur deux a au moins un an de retard scolaire à la fin de ses secondaires.  Quatre Bruxellois sur dix n’ont pas les moyens de partir en vacances hors de leur maison1. Comment une des villes les plus riches du continent présente-t-elle tant de pauvreté ?

Bruxelles a besoin de plus de moyens. Mais d’abord pour l’emploi. Une tolérance zéro est nécessaire à l’encontre des cow-boys de la finance qui licencient à tour de bras, aussi à Bruxelles. Pour l’enseignement. Car sans changement de politique, on créera une nouvelle « génération perdue ».

Il faut s’attaquer aux problèmes réels de l’insécurité. Mais d’abord en reconstruisant un véritable tissu social. Des changements dans la police et la justice sont nécessaires. Mais pour s’en prendre à la petite criminalité, il ne faut pas une armée de gendarmes mais un véritable réseau d’agents de proximité connaissant les quartiers. Pour coller à la réalité du terrain. Pour permettre d’impliquer la population. Car l’option de centraliser pour organiser une répression à la Rambo, aveuglera davantage dame Justice.

1 Baromètre social de l’Observatoire bruxellois de la pauvreté, rapport 2009


Réagir ?

moneim, 07-02-10 22:16:
J'aimerai vous inviter à découvrir avec moi le quartier de cureghem afin que vous puissiez
ressentir les réalités que vivent les habitants de ce quartier qui sont quoi qu'en disent certains
intellectuels confrontés à une délinquance quotidienne. Ma démarche est citoyenne et elle ne vise pas à stigmatiser les jeunes de ce quartier qui dans la grande majorité ont une conduite irréprochable.
Je m'efforcerai ici de décrire uniquement les faits incriminés, sans essayé d'en expliquer l'origine et les causes. Je reviendrai sur cette question dans une prochaine contribution.Je vais donc ici énumérer les dix points qui me semble le plus significatif des nuisances que vivent les riverains de l'axe square Albert, porte d'Anderlecht. Alors, après vous:

1) Le tapage nocturne:

-le tapage nocturne dure des fois jusqu'à 05h00 du matin, alors que des citoyens doivent se lever à cette heure pour se rendre au travail. Par tapage nocturne, j'entend un rassemblement de jeunes surexcités vers 22h00 et qui ont pour intention nuire à la quiétude des riverains, en hurlant, en injuriant et en vandalisant tout ce qui leur passe sous la main. Avec la venue du beau temps cela devient insoutenable à cause de l'utilisation de quads et de motos jusque très tard dans la nuit.
Police où es-tu? Absente, car le peuple n'a pas droit au repos.

2) Drogue et Toxicomanie:

-La vente de drogue en ce compris les drogues dit dure, se déroule en plein jour et même des fois au nez et à la barbe des forces de l'ordre.Même les mineurs sont convié à la fiesta et ce peu importe le sexe. Il n'est pas rare de voir des toxicomanes complètement déglingués déambuler tel des zombies. Et la plupart des cafés du quartier sont juste là pour écouler ces saloperies. Quid des caméras de surveillance qui sont juste là pour surveiller d'honnête citoyen et/ou de faire bonne figure.

3) Sac Jacking.

-IL ne se passe pas une semaine sans que nous ne trouvions un sac d'une pauvre victime jetté sur la voie publique, stigmate de sac jacking dont les jeunes se sont fait une spécialité.Le phénomène pris une telle ampleur, que malheureusement, la seule solution trouvé par la commune fut de modifier les feux de signalisation situé entre la chaussée de mons et la rue de liverpool en
installant un feux clignotant. Et alors qu'avant la priorité de droite s'appliquait, la chaussée de mons est devenu une autoroute prioritaire avec interdiction d'arrêt pour ne pas subir les perpétuels agressions. Cela ne vous rappelle-t-il pas les states????

4) Le Racket.

-Le racket dont sont victime les étudiants de plusieurs établissement scolaire, tel que l'ISIB qui prenna une amplitude telle que la direction décida de délocaliser l'établissement vers des cieux moins agité. Ce n'est pas un cas isolé, puisque l'école Erasmus situé près des abbatoirs vit la même violence, avec peut être la même envie de quitter le quartier.

5) Dégradations des installations de la STIB.

-Dégradation quasi quotidienne de la station de métro clémenceau et des abribus environnant. Les
délinquants s'amusent a vider les exctincteurs du site sur les usagers ahuri. Ils ne réalisent même pas que ces exctincteurs pourrait le cas échéant sauver des vies. Dès que la société remet les exctincteurs en place c'est la même chose qui se reproduit au point que la stib a décidé de ne plus les remplacer au péril des usagers. La ligne de bus 46 qui traverse ce quartier est la hantise des conducteurs de la STIB qui sont victime de callaissage et qui en ont marre des
insultes et des intimidations récurente. D'ailleurs, la ligne fût à de nombreuse reprise dévié
pour éviter ces incidents. Un jour, peut être, il n'y aura même plus de bus qui desservira ce quartier.

6) Arme blanche, arme de poing et arme de guerre.

-Nous constatons une recrudescence d'utilisation d'arme blanche, d'arme de poing et d'arme de guerre. Il suffit d'un seul regard mal interprété pour que cela dégénére et que l'on vous assaine un coup de couteau. Il y'a beaucoup de cas concret mais je préfère vous éviter les détails. En ce qui concerne les armes de guerre il suffit de remonter au mois de septembre où lors d'un réglement de compte une dizaine de balle de riot gun et de kalashnikov furent tiré à la rue de monténégro par de très jeunes cureghemois. Quelques semaines plutôt des dizaines d'impacts de balles furent tiré sur une habitation situé à la rue de la clinique.Et celà, en pleine journée au risque de blésser n'importe quel passant.Avant ces armes étaient utilisé pour le braquage des convoyeurs de fond aujourd'hui elles sont utilisé pour braquer des cacahuettes. De nos jours, il est devenu tellement facile d'acheter une de ses armes. Vous avez dit épiphénoméne?

7) SExisme

- Il ne se passe pas un jour sans que les délinquants n'importunent les jeunes filles en les insultants, en les intimidants et en leur lancant diverse projectile voire même en les tripotants de force. Cette réalité est surtout visible aux stations de métro clémenceau et saint guidon.D'ailleurs, cette violence faite aux filles fût à l'origine il y'a un an des heurts entre cureghemois et supporter du sporting d'anderlecht. Certaines filles évitent même de passer dans ces quartiers pour ne pas devoir subir les affres de la délinquance.Il y'eu même des cas avérés de viol collectif.

8) Eclairage public

Le quartier Cureghem est le champion en économie d'énergie. En effet, les délinquants prennent un malin plaisir en court circuitant les boitiers d'alimentation de la firme sibelga. La place clémenceau et lemmens fûrent plongé dans l'obscurité la plus totale durant une grande partie du mois de septembre et d'octobre. Dernièrement les riverains fûrent privé d'éclairage durant trois
semaines au mois de Janvier. Avec les journées courte des mois d'hiver je ne vous dit pas le sentiment d'insécurité. Même les hommes avaient de la crainte à sortir en soirée, alors que dire des femmes et des usagers qui devaient prendre le métro. La firme sibelga eu tellement marre qu'elle dû espacer ses interventions car il devenait absurde de rétablir le courant pour que quelques heures plus tard il soit de nouveau saboté.

9) Dégradation de voiture, d'espace public et d'immeuble de logement.

-Les résidants doivent pratiquement chaque mois faire appel au service incendie pour des voitures
incendié et des logements à qui l'on essaie de bouter le feux. Durant la période critique du ramadan quatre véhicules fûrent incendié sur clémenceau. C'est seulement suite aux pressions des riverains et commercants envers l'inaction des pouvoirs publics que des réunions d'urgence furent organisé avec le bourgmestre. Il en découla une présence renforcé de la police dans le quartier
qui ramena le calme mais cette présence fût malheureusement de courte durée. Suite à ces incidents, le responsable du comité de quartier fût même agressé physiquement pour avoir osé protesté publiquement contre de tel agissement.

10) Cureghem le quartier où il est fait bon vivre.

- Bienvenue en terre d'anarchie où la loi des délinquants se substitue a celle des pouvoirs publics. On ne compte plus les dépots clandestin, les crachats, les détritus en tout genre qui jonche le sol alors qu'il y'a des poubelles tout les vingt métres, les tags sur les facades d'immeuble, les urinoirs à ciel ouvert et la conduite agressive confondant zone 30 avec le rallye Dakar. Ne klaxonné surtout pas lorsqu'un véhicule mal garé vous gêne le passage où alors vous
devriez être sûr d'avoir l'assurance omnium car vous risqueriez à coup sûr d'être callaissé.Les actes d'incivilité sont devenu la norme dans ce quartier où le mot respect d'autrui a été éffacé du dictionnaire local il y'a déjà un certain temps.

Je terminerai en vous donnant trois petite anécdotes qui dénote l'état d'esprit reignant à cureghem:
-Lors d'une réunion avec le bourgmestre, les échevins et le chef de corps de la police midi, les habitants excedaient par le manque d'initiative face à la délinquance ont émit le souhait de ne plus payer d'impôt à l'état car elle ne garantissait plus la sécurité du citoyen. En lieu et place, ils préconisaient de payer l'impôt directement aux délinquants pour bénéficier d'une amnéstie.
-Un jour les délinquants de la place clémenceau ont en pleine nuit démarré un engin de chantier et sont rentré avec dans la facade d'un immeuble de logement jouxtant la place. Les habitants de l'immeuble furent tellement effrayé par le choc d'impact qu'ils sont sortieb dehors en étant pied nu.Ils ont appelé la police et une patrouille très timoré fit son apparition. Ils ont expliqué la situation aux forces de l'ordre qui n'ont pas trouvé de mieux a répondre qu'ils devaient quitter ce quartier s'ils voulaient vivre paisiblement. Vous pensez que les jeunes ont pris la fuite? au contraire, ils se sont approché des habitants de l'immeuble en les intimidants et en les menacants que la prochaine fois ils crameraient l'immeuble avec des cocktails molotov. La seule réponse des policiers face aux jeunes fût de leur demander de se calmer. Pauvre autorité!
-Troisième fait marrant mais ô combien interpellant ce fût quand à l'approche d'une patrouille de police des jeunes ont barricadé la rue avec des sacs poubelle obligeant le pauvre policier hagard de sortir de son véhicule pour enlever ces sacs. J'aurais pû vous fournir des dizaines et encore des dizaines d'anecdote de se genre mais j'espère vous avoir convaincu que la délinquance et belle et bien présente dans certain quartier de Bruxelles. La banaliser c'est faire le jeux des extrémistes et ce n'est vraiment pas rendre service aux jeunes que de les infantiliser.
anne, 04-02-10 19:51:
mais les policiers de quartier ont mieux à faire ...ils scrutent les draps de lit des "victimes" potentielles que sont ces pauvres femmes qui épousent des étrangers...donc ils n'ont pas le temps de se préoccuper des vrais problèmes dont la cause est l'extrême paupérisation de certains quartiers et le manque de perpectives. Que proposons-nous VRAIMENT à ces jeunes ?
Rob, 02-02-10 22:19:
Pardon Monsieur, il y a six ans j'étais avec mes étudiants dans une Auberge de Jeunesse à Bruxelles et je n'en croyais pas mes yeux. Il y a des fils barbelés et des portes automatiques car les petits "anges" du coin essayaient tout le temps de rentrer dans le bâtiment. Les responsables nous déconseillaient de sortir le soir.
Ne faites pas comme s'il n'y a pas de problème.
Une école qui doit déménager à cause de l'insécurité qui est causée par les gamins du quartier, c'est pas un fait anodin non plus!
Depuis lors je ne pars plus en excursion à Bruxelles avec ma classe car les élèves deviennent racistes à voir la situation qui est tolérée à Bruxelles. Et je veux éviter cela.

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